Marcel ROCHE (1890-1969)

Française

1890

Marcel Ferdinand Roche (1890-1959) est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français né à Paris le 27 juin 1890 et mort dans la même ville le 4 mars 1959. L’Institut national d’histoire de l’art confirme ses dates, sa nationalité et son activité de peintre ; ses dessins sont également représentés dans les collections du département des Arts graphiques du Louvre.

Il commence très jeune à peindre puis, après ses études secondaires au collège Chaptal, entre en 1909 à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, où il travaille dans l’atelier de Fernand Cormon. Il complète ensuite sa formation à l’Académie Julian auprès d’Adolphe Déchenaud. Parallèlement, il étudie au Louvre les maîtres qu’il admire, notamment Chardin, Courbet, Cézanne et Jean Fouquet.

Dès 1912, Roche participe au Salon d’Automne. Cette même année commence son service militaire. Mobilisé en 1914, il est grièvement blessé lors des combats d’août 1914. Pendant sa convalescence puis son affectation à Orléans, il réalise de nombreux dessins de soldats et de scènes de caserne. Cette production, exécutée souvent directement sur le motif, révèle déjà les qualités essentielles de son dessin : sens aigu de l’observation, économie de moyens et capacité à saisir rapidement une attitude. La Fondation Taylor et le Musée des Beaux-Arts d’Orléans ont depuis remis en lumière cet ensemble lié à la Grande Guerre.

Dans l’entre-deux-guerres, Roche développe une œuvre figurative consacrée aux paysages, figures, nus et scènes de genre. Il voyage notamment en Grèce et en Égypte en 1931. Son séjour égyptien bénéficie du soutien du collectionneur et mécène Georges de Menasce et donne lieu à une importante exposition. Son œuvre de cette période se caractérise par un goût affirmé pour la composition, la construction des volumes et la couleur.

Entre 1934 et 1939, il joue également un rôle original dans le dialogue entre peinture, architecture et éclairage moderne : conseiller artistique de la Compagnie parisienne de distribution d’électricité, il participe à l’organisation du Salon de la lumière, qui réunit notamment des architectes et artistes tels que Robert Mallet-Stevens, Raoul Dufy et Robert Delaunay.

Après la Seconde Guerre mondiale, Marcel Roche consacre une part croissante de son activité à la gravure. Il pratique l’eau-forte, la pointe sèche, le burin, la lithographie et travaille sur les techniques de taille-douce en couleurs. Son œuvre gravé compterait environ 600 estampes. Membre de la Société des Peintres-Graveurs français, il en devient sociétaire en 1947 puis vice-président en 1951.

Il mène parallèlement une activité d’illustrateur et enseigne la lithographie. Cette multiplicité des pratiques ne l’éloigne jamais du dessin, qui demeure au cœur de son travail. Le trait lui permet aussi bien de construire une figure que de saisir la simplicité d’un geste quotidien.

Le travail de Roche est aujourd’hui conservé dans plusieurs collections publiques françaises. Le département des Arts graphiques du musée du Louvre référence plusieurs de ses œuvres, tandis que ses archives sont représentées dans les collections de l’INHA. Une exposition organisée par la Fondation Taylor en 2018 a également contribué à rappeler sa place parmi les artistes français marqués par l’expérience de la Première Guerre mondiale.

Marcel Roche appartient ainsi à cette génération de la figuration française de l’École de Paris qui, sans rompre avec l’observation du réel, renouvelle au XXe siècle le paysage, la figure et le dessin par une écriture plus libre et plus synthétique.

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