Albert-Charles LEBOURG (1849-1928)

Albert-Charles LEBOURG (1849-1928)

Française

1849 – 1928

Albert-Charles Lebourg, peintre de la seconde génération des impressionnistes
Albert-Charles Lebourg est un peintre appartenant à la seconde génération des impressionnistes. Ce courant se développe durant la seconde moitié du XIXe siècle et regroupe des artistes autour d’un même dessein, parvenir à traduire sur une toile l’atmosphère d’un lieu, les effets de lumière et les impressions fugitives. Ces artistes assurent leur promotion grâce aux nombreuses expositions publiques qu’ils organisent entre 1874 et 1886 à Paris. Lors de la première, le nom « impressionniste » fut adopté à la suite de la publication, dans la revue Charivari, d’un article sarcastique du critique et humoriste Louis Leroy qui tourne en dérision le tableau de Monet intitulé Impression, soleil levant (1872, Musée Marmottan Monet, Paris, inv. 4014). Ce courant est divisé en deux générations par la crise des années 1880 qui voit la césure du groupe initial composé de Claude Monet (1840-1926), Alfred Sisley (1839-1899) et Auguste Renoir (1841-1919) ainsi que d’importants changements esthétiques. La seconde génération prône un retour à des valeurs classiques plus intellectuelles d’ordonnance ou de construction. Dès lors, l’univers apparaît moins évanescent et la touche ne définit plus drastiquement le dessin.

La Seine comme sujet de prédilection
Issu de l’École de Rouen, Albert-Charles Lebourg voyage à Alger (1872-1877) où il enseigne le dessin et rencontre le coloriste lyonnais Jean Seignemartin (1848-1875). De retour en France, il expose ses peintures lors de deux expositions impressionnistes (1879 et 1880) où son travail de la lumière se confond avec celui des autres exposants. Nommé membre de la Légion d’honneur en 1903, il est promu officier en 1924. Bien qu’il ait peint des sujets variés au cours de ses voyages, notamment en Auvergne (1884) et en Europe du Nord (1897), il conserve un intérêt privilégié pour les vues de la Seine depuis Paris jusqu’à Honfleur, en passant par Rouen.

Une étude attentive des variations de lumière
En 1892, Albert-Charles Lebourg quitte Paris pour s’installer à Rouen où il peint de nombreuses vues du port et de la ville. C’est vraisemblablement à cette période qu’il réalise La Seine à Rouen en hiver : effets de neige, période qui prend fin brusquement avec le décès de son épouse en 1894. Dans cette œuvre, l’artiste montre sa maîtrise de l’ambiance lumineuse et changeante des bords de Seine. L’atmosphère claire et froide de Rouen en ce jour d’hiver est traduite par l’immensité du ciel qui occupe près de la moitié du tableau. Ses tonalités froides s’assimilent avec celle de la Seine, exaltant les effets de la neige et de la lumière uniforme qui gomme les formes du paysage. Les larges touches horizontales sur le sol se font plus arrondies dans le ciel, épousant la forme des nuages. L’horizontalité du paysage, qui dessine une courbe pour ne pas arrêter le regard, est contrebalancée par les mâts, les piquets et les édifices, brossés de quelques traits verticaux.

Dans chacune des œuvres de Lebourg, les formes architecturales tendent à disparaître par les effets de la touche et des couleurs mais elles demeurent facilement identifiables. De même, l’atmosphère évanescente de cette vue et la poésie qui émane des scènes de travail et d’activité humaine caractérisent son œuvre.

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